Oversteps, impressions

Lors de l’annonce par Warp du nouvel album de Sean et Rob alias Autechre, l’offre de pré-commande était très alléchante. Avec la copie physique et les fichiers en wav 16 bits, on a forcément un bon rendu.

Avec le mp3 320 kbps, on a également une bonne qualité sonore. Alors pourquoi proposer une version wav 24 bits ?

Crédit photo : Lev Oleksander

Dès le début, la réponse est donnée : c’est un album très généreux en fréquences.

Oversteps démarre tout en douceur, les harmoniques de « r ess » viennent caresser nos oreilles sans nous brusquer avec un fondu qui prend tout son temps, puis une rythmique un peu nerveuse et syncopée s’installe sans entacher la tranquillité.

Le ton de l’album est donné : L’atmosphère est grande, les harmoniques et les mélodies sont omniprésentes, résonnent, passent dans des réverbes qui nous noient dans un torrent de sons.

Les rythmiques, elles, seront parfois absentes ou discrètes comme dans « see on see » ou « krYlon » dont les notes abondantes comme la pluie révèlent un rythme à l’oreille attentive; Au contraire de « qplay » et ses percussions rugueuses créant un contraste avec les nappes qui se promènent de gauche à droite. On passe de la douceur à l’agressivité sans que le son ne nous énerve.

On a eu le droit de diffuser un titre, et le choix n’est pas évident. Dans le cas d’Autechre, gardez bien en tête que vous n’entendrez jamais deux fois la même chose, le meilleur point de vue est donc l’écoute en intégralité de l’album. Nous avons choisi « d-sho qub ». Mettez votre meilleur casque et appuyez sur Play. On vous laisse la surprise entière.

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Cet album ne manquera pas faire penser à Amber, le 2e album du groupe.
A l’époque, il avait quelque peu dérouté les auditeurs : un virage ambiant alors qu’Incunabula (leur premier album) puisait ses bases dans la techno et l’electro. Mais avec le temps, de nombreux fans ont considéré Amber comme l’une des meilleures production d’Autechre, et attendaient avec impatience le retour à l’ambient unique du duo.

On avait pu en sentir les prémices avec certains titres de Quaristice et Quaristice.Quadrange.ep.ae (un maxi de deux heures prolongeant l’album). Voila qui est chose faite.

A chaque nouveau disque Booth et Brown savent nous surprendre, nous bousculer, décoller les étiquettes que l’on voudrait leur attribuer. Ils se renouvellent constamment, sans perte de créativité, en gardant une empreinte unique.

Ce nouveau disque est réussi et arrivera peut-être a réconcilier les déçus des derniers ouvrages. Autechre nous propose un nouveau disque plein d’émotions dans la continuité du précédent album. Les titres s’enchainent merveilleusement bien, l’ensemble est homogène et on se laisse faire avec plaisir durant 68 minutes. On l’adore et on le recommande chaudement en version 24 bits !

Mise à jour :

Autechre se produisait en Live à Paris @ La Machine du Moulin Rouge le 20 mars et à Nantes @ L’Olympic le 21 Mars. Nous y étions, Nous (Goum et KiK) allons donc vous proposer une chronique brève.

KiK :

J’ai été  totalement conquis par le « Quaristice Tour », j’attendais donc beaucoup de cette tournée pour Oversteps tant ils avaient mis la barre haut la dernière fois.
Samedi 20 mars, le rendez-vous est pris à la Machine du Moulin Rouge.
Leur live commence à 1h30, dès les premières notes, le ton est donné, les sons sont bruts, lourds et la basse est très présente. Le tempo augmente lentement, la musique devient de plus en plus déstructurée, les sons restent bruts, très industriels, pour devenir agressifs, et violents.
Cette fois Autechre a décidé jouer la carte de l’Industriel plus que de l’IDM.

On reconnait parfois quelques éléments sonores qui figurent de l’album mais ceux-ci passent plutôt inaperçu. J’ai adoré leur utilisation de l’Amen Break durant ce live, difficilement reconnaissable, torturé et dénaturé, ça reste une valeur sûre !

Au final, le bilan est plutôt mitigé. Musicalement moins abordable que leur précédente tournée, très, voir trop, agressif. Toutefois, leur musique vous secoue les tripes et malgré tout on se laisse quand même entrainer, avec un peu plus de réticence que pendant la tournée Quaristice, mais on ressort tout de même un peu envouté.

Goum :

Les premières parties ne m’ont pas emballé, à l’exception de Russel Haswell et son noise puissant (mention spéciale à la tête de l’ingé son devant sa console, un mélange entre la peur et l’étonnement). J’attendais donc Autechre avec impatience.

Vers 23h, le set démarre. Le concert est constitué de rythmiques puissantes, agressives, de mélodies très… très Autechre. Le son va vers le noise, le gabber. Les musiques s’enchainent souvent brutalement, Sean et Rob nous délivrent une nouvelle version féroce de LCC. Peu de titres sont reconnaissables, à vrai dire. C’est un live qui n’emballera pas tout le monde, moins progressif que les sets Quaristice et Untilted, moins délicat également (pour ne pas dire hard). A titre personnel, j’ai adoré, c’est terriblement efficace : énorme dynamique, des montées bien gérées; des rythmiques qui tabassent, des mélodies bien comme il faut.

A la fin on est content de pouvoir reposer nos oreilles, mais on en redemande. Autechre est définitivement une tête d’affiche de la scène electronique mondiale qui n’en fini pas de surprendre et déstabiliser ses auditeurs.

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