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12e Edition du Festival Némo

On avait adoré la programmation de la 11e édition (Article 1Article 2), cette année le Festival Némo revient du 8  au 17 Avril 2010. Ce rendez-vous incontournable des images et de la création artistique s’intéresse cette année au LIVE ! Autrement dit, la performance Audio-Vidéo en direct.

Comme l’an passé, nous vous proposons une petite sélection, qui n’engage que nous, de ce qu’il ne faut surtout pas rater à Némo, et en guise de bonus on a pu rencontrer l’organisme à l’origine du Festival, l’ARCADI qui soutient la création artistique en Ile-de-France.

On a improvisé une petite interview avec Gilles ALVAREZ, directeur du Pôle Multimedia, pour en savoir plus sur ce festival.

C’était une première pour nous, et malheureusement le son n’est pas formidable, il y a un certain bruit de fond et pleins de petits défauts, mais après retraitement on a pu « un peu » gommer tout ça, et le dialogue reste bien compréhensible.

On y apprend beaucoup de choses, et ça ne dure que 9 minutes.

La prochaine fois, on fera une meilleure prise de son, promis !

Notre sélection après le saut,

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[Interview ] Le lapin et la cigarette

Nous avons découvert cet artiste il y a quelques semaines, et nous avons eu un coup de cœur immédiat. Il s’appelle Smoking Bunny soit littéralement « lapin qui fume ». Artiste au style décalé qui ne se préoccupe pas des tendances, il multiplie les pseudonymes, chacun correspondant à un etat d’esprit musical, qui regroupe tantôt quelques dizaines de titres, tantôt quelques centaines. C’est également un garçon fort sympathique qui nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions.

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Smoking Bunny – L R Downslide

Je ne savais pas qui était « La Roux », ni à quoi ressemblait sa musique il y a encore quelques jours.

Quand as-tu commencé à t’intéresser à la musique ? Est-ce que quelque chose t’a marqué et quelles sont tes influences ?

L’origine de cet intérêt est assez floue, c’est comme dire « quelle est la longueur d’une corde », c’est trop difficile d’y répondre. La plupart du temps j’ai l’impression d’être né avec un casque sur les oreilles. Quand j’étais gosse, j’écoutais Martin Gaye, Stevie Wonder, Aretha Franklin et plein d’autres artistes soul, ainsi que des artistes de rythm and blues. Ça, c’était juste du côté de ma mère. C’est principalement mon père qui m’a fait m’intéresser à la musique. Je me souviens que j’écoutais de « tout ». Les gens peuvent penser que c’étaient juste les trucs populaires comme Led Zappelin, Hendrix et d’autres. Mais c’était surtout des gens comme King Crimson, Captain Beefheart, Frank Zappa et beaucoup d’autres groupes « opprimés ». Mais on écoutait aussi les artistes plus populaires et « acceptés ».
La principale musique qui m’ait frappé, ou plutôt un artiste, c’est Frank Zappa. Toute sa musique, que ce soit cd, vinyle ou cassette te frappe, même si c’est un mauvais album comme Mothers of Prevention. Le fait que ce type bouleversait la musique était juste incroyable. Ajouté au fait qu’il faisait qu’il faisait du rock, du blues et utilisait des méthodes classiques était tout simplement d’une extrême fraicheur et une meilleure manière de créer de la musique et du son.
Et en tant que fan de Zappa, j’ai immédiatement aimé Captain Beefheart, La poésie et la musique liées ensemble, avec une voix qui pouvait raconter des histoires comme personne à l’époque. Pure extasie.

J’ai vraiment été porté par l’influence de Zappa et Beeftheart. J’aurais adoré faire la même chose, mais je n’ai pas réussi. L’influence est plutôt dans la manière de créer, peu importe le résultat que ça peu donner.
Les autres influences sont vastes, elles vont jusqu’à l’opposé de ce dont j’ai parlé.
Honnêtement, c’est difficile de dire si il y a eu une influence en particulier. Parce que je pioche dans différentes influences et différents sons. Un jour ça peut être le miaulement d’un chat qui peut m’influencer pour un morceau, ou le son du vinyle qui démarre.

Plus d’une fois, la musique que j’ai en tête n’est plus la même à la fin. La raison c’est qu’en prenant du recul sur un morceau, mon point de vue change et je le travaille différemment, puis mon point de vue change à nouveau et je fais encore autre chose. Au final, ça n’a plus rien à voir.
Je ne suis pas fan de « Pop », ou ce mauvais stratagème pour faire sortir quelqu’un du lot très vite. Je ne savais pas qui était « La Roux », ni à quoi ressemblait sa musique il y a encore quelques jours. Et c’est le cas pour beaucoup de nouveaux artistes actuels. Ils ne m’intéressent pas. Ils sont peut-être bons, mais c’est probablement parce que les autres le disent. Mes goûts musicaux sont complètement différents des gens que je connais. Je ne dis pas que je m’intéresse pas à cette nouvelle musique, parce que ce serait stupide, comment pourrais-je découvrir quelque chose de nouveau. Tu me trouvera la plupart du temps dans des magasins de disques (cds ou vinyles), passant des heures à chercher de la musique qui pourrait m’intéresser et l’ajouter à ma discothèque qui n’en finit pas de s’agrandir. Je n’achète pas d’albums en mp3, c’est plus agréable de posséder quelque chose que tu peux sentir, et en plus ça fait joli sur les étagères.

Je n’aimais pas trop le « rabbit » alors je l’ai remplacé pour « bunny »

A propos de « Smoking Bunny », d’où vient ce nom ? Est-ce que c’est le seul que tu utiles ?

Smoking Bunny, ça remonte au collège. Quand j’étudiais la théorie musicale et la pratique, je créais « beaucoup » de musiques. Très liées à l’influence de Zappa, dans l’idée de créer toutes sortes de musiques.
A un moment, je n’aimais pas trop le fait de mettre mon nom sur mon travail, ça me semblait stupide. Mais ce n’était pas comme si je vendais ma musique, à vrai dire c’était la dernière chose qui me venait à l’esprit. Je voulais trafiquer les liaisons midi d’une façon extrême, ou mettre en place les micros d’une manière si étrange pour créer des sons que je n’avais jamais entendu auparavant.
Et un jour c’est venu comme ça. J’ai imaginé un « smoking rabbit » (un lapin en train de fumer, ndr) et ça m’a fait rire. Je n’aimais pas trop le « rabbit » alors je l’ai remplacé pour « bunny ».
C’était assez amusant parce que même après avoir dit que je fais de la musique en tant que Smoking Bunny, et même avec la société de production que j’ai créé, la plupart des gens continuent de penser que c’est un empire du « divertissement pour adulte », hahaha.

J’ai commencé à créer d’autres alias quand j’ai commencé à faire des musiques qui s’éloignaient de ce que je faisais en tant que Smoking Bunny. Calm Little Hip était plus tourné vers la musique électronique, aux environs de 300 bpm. Nocebo est basé sur les cauchemars. LgE, les musiques sont basées sur un son unique (et ça fait partie de mes périodes les plus créatives). Et il y en a beaucoup d’autres. Mais certains de ces pseudonymes n’ont pas dépassé la vingtaine de titres.
Les périodes Smoking Bunny et Calm Little Hip sont allées jusqu’à 300-400 titres. En un peu plus de 2 ans. C’était insensé et stupéfiant à la fois.

J’adorais l’idée de patcher ensemble du matos analogique, ça rend les choses plus amusantes.

Quel matériel as-tu utilisé jusqu’à présent ? Est-ce que tu as des favoris ?

Je suis batteur depuis l’âge de 6 ans, alors je me suis retrouvé très vite à jouer dans des groupes. Je pense que j’étais le seul batteur du village où je vivais, tout le monde voulait être leader, que ce soit en tant que guitariste ou en tant que chanteur. Et vu que je n’avais pas une très bonne oreille musicale étant enfant, les percussions c’était mieux que d’essayer de jouer de la guitare acoustique, et puis ça me donnait une excuse pour faire du bruit.

Quand j’étais au collège, j’utilisais les installations disponibles, essentiellement de l’analogique mis à part l’ordinateur, un i-Mac avec Logic 6 puis 7, Reason 2 puis l’upgrade 2.5.
Il y avait une Mackie dans un studio et une Behringer dans un autre, avec des racks externes : des réverbs, des compresseurs et des DAT, ainsi qu’un patch bay. J’adorais l’idée de patcher ensemble du matos analogique, ça rend les choses plus amusantes.

J’ai aussi acheté mon premier mac d’occasion, un vieil e-Mac pour 200 livres. Il faisait tourner Logic 7 et Reason 2.5, le seul problème c’était le manque de mémoire vive (256 mb) pour faire tourner plusieurs modules ou plusieurs pistes. Alors je devais créer la musque en bounçant un son avec ses effets puis l’importer en tant que fichier wav. C’était un peu agaçant, mais je m’y suis fait et m’en suis servi pendant plusieurs années, incluant toutes les musiques de Calm Little Hip.

J’ai beaucoup de matos en midi, le hardware était toujours un peu plus cher quand j’étais au collège.
Mais j’ai économisé et fini par m’acheter une guitare électrique et j’ai appris à jouer moi-même. Je ne sais pas faire la musique de « groupe », je fais ma musique.

J’ai acheté et revendu pas mal de matos différents, essentiellement midi, car c’est moins cher que de l’analo.
Il y a seulement un an je me suis acheté la Machinedrum SPS1-UW d’Elektron, celle qui inclut le sampling. C’est tout simplement hallucinant. Tu as 6 sorties séparées, 2 entrées audio, du midi et des effets embarqués. Je me suis rapidement plongé dedans et j’ai créé d’étranges rythmes et tonalités. J’ai même conçu un logiciel spécialement pour cette machine (Hantera, NDR).

Les patchs Max que je crée sont juste des outils que j’utilise dans ma musique

Tu proposes aussi des fichiers comme des applications pour le Monome de Brian Crabtree, et des patchs Max/MSP. Quel est ton but quand tu conçois ces programmes ?

Max/MSP, le tueur de temps et agrandisseur d’esprit, hahaha.
J’aime ce logiciel. Je m’y suis intéressé quand je travaillais à Dubaï en tant qu’ingénieur du son pour des pubs télé et radio. Je bossais sur tout ce qu’ils faisaient, monter les pubs, enregistrer et gérer les sessions etc. Mais pour une raison que j’ignore, ils ne me donnaient pas beaucoup de travail, bien que j’en aie demandé pendant 6 ou 7 mois. Ils continuaient de me payer. Ce temps libre m’a donné l’opportunité d’apprendre à utiliser Max/MSP. Je connaissais ce logiciel depuis des années, je savais qui l’utilisait, j’ai même utilisé des plug-ins créés avec. Les vieux, avec le logo max original.

J’ai d’abord eu Reaktor 4, et ensuite j’ai pris la version 5. C’était génial, mais ça bouffe le processeur, ce qui finissait par me stopper dans mon élan, j’étais plutôt ennuyé de ne pas pouvoir aller plus loin. Mais c’était super de pouvoir « construire » mes propres outils musicaux, c’est ce que j ai toujours voulu, ça m’a évité de dépenser une fortune en hardware.
J’ai pu apprendre max parce que le studio de Dubaï l’avait acheté avec Jitter. A ce moment Max 4 était en fin de vie, et j’ai eu l’update gratuite pour max 5, j’étais ébloui par le travail accompli.

Les patchs max que je crée sont juste des outils que j’utilise dans ma musique. Ça peut démarrer comme un outil normal, et dériver sur une suite logicielle complète, ce qui n’est pas toujours une bonne idée, parce que ça te bouffe tous tes neurones pour le créer. C’est le cas pour Hantera, c’était un simple outil, j’y ai intégré de nouvelles idées, ce qui est bien et mauvais à la fois. Parce que ça prend du temps sur la création musicale. J’aime construire ces outils ou ces suites, parce qu’elles peuvent et sont utilisées par d’autres personnes à travers le monde, et les gens semblent les trouver utiles, parce que ça apporte quelque chose en plus dans la musique de quelqu’un, y compris la mienne…

Version originale de l’interview après le saut / Click to see English version of the interview

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[Interview] GaBLé

Le mois dernier on était à Caen pour aider Archeopterix (on lui a fait son dossier de presse – si son travail vous intéresse, on vous l’enverra avec plaisir), qui faisait une installation de ses machines Lo-Tech au Parc Expo du festival Nordik Impakt, imaginez bien qu’on en a profité pour squatter un peu partout avec notre joli passe Media – All access (sauf les loges, quoi que…) qu’on aurait pas du avoir mais là c’est une tout autre histoire…

A notre arrivée à Caen (le jeudi 22 octobre), il y avait un concert le soir même au Cargo, ça finissait pas trop tard et y avait Buraka Som Sistema (le live était cool, mais bon c’est toujours pas ça le sujet de l’interview… mais ça aurait pu – si on avait pas oublié notre anglais dans le train).

Arrivé sur place, il y avait un bordel sans nom sur scène, des roadies qui s’affairaient dans tous les coins, des techniciens qui pestaient, ça allait bientôt commencer mais le groupe qui allait jouer, dont je connaissais pas encore le nom, avait beaucoup de trucs à installer.

Je l’apprendrai quelques minutes plus tard quand j’entendis « Nous, c’est GaBLé ! » ou quelque chose comme ça.

J’assistais (oui, en fait j’étais seul à Nordik Impakt) à un live d’un style rock penchant dangereusement sur l’electro à prédominance bricolée vraiment très rafraichissante, des instruments faits de briques et de brocs, un car entier de choristes, de la vraie énergie positive, généreuse et une très bonne mise en appétit pour les jours à venir. En bref, c’était bien, vraiment très bien.

Après leur set, c’était au tour de Buraka Som Sistema, set dynamique et intéressant… bref…
Il m’est pris l’envie d’aller faire un tour de l’autre côté (les loges). Je me présente donc maladroitement devant le vigile qui gardait la porte, il hésite, talkie-walk son collègue, qui hausse les épaules, il me laisse passer.

Je me balade, salue de loin le Buraka sans grande conviction et me retrouve devant la loge, la porte s’ouvre, je m’y incruste, le groupe hésite, et me propose un échange par mail. [Fin de l’histoire]

Le ton de cet article est bien différent des précédents, mais l’interview qui va suivre est quelque peu différente, mais ma foi très jolie.

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[Interview] Furby Youth Choir

C’est une nouveauté sur ce blog, et aussi une première pour nous,  une interview. Nous allons très certainement en faire d’autres, c’est bien plus constructif et interactif  !
Nous avons découvert un projet circuit-bending qui nous a plu, grâce à l’excellente communauté Make:Magazine, qui s’appelle Furby Youth Choir.
C’est un projet expérimental qui consiste à faire de la musique avec des Furby circuit-bendés. Ne vous attendez donc pas à entendre de l’electro à la Justice ou Phoenix, Furby Youth Choir c’est du son brut, du glitch, du larsen et du noise !

Ce projet nous vient des États-Unis, l’interview a été réalisée en Anglais, nous vous proposons la version traduite et adaptée en Francais par KiK, puis la version originale et complète.

Si son travail vous plait, vous pouvez rentrer en contact avec l’artiste via son site, pour lui demander le lien protégé par mot de passe vers le documentaire intitulé « Refurbished » qui lui est consacré.


C’est très gratifiant de transformer un objet mignon et innocent en quelque chose de bizarre et dérangeant…

Présente-toi et parle-nous de Furby Youth Choir.

Je m’appelle Thomas Fang, je fais de la musique électronique expérimentale depuis 2001, date à laquelle j’ai co-crée le label Artificial Music Machine.

J’ai aussi un projet expérimental plutôt extrême qui s’appelle Static Storm System très orienté noise.

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Static Storm System – Fnordic Track

Je fais aussi de la dark ambient et des « Drone Soundscapes » sous mon propre nom.

Enfin, j’ai fait parti du groupe Inversion Effect pendant 5 ans, jusqu’en 2007.

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Inversion Effect – Cave song (live)

Furby Youth Choir est mon dernier projet, il utilise des Furby circuit-bendés comme source sonore unique.

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Furby Youth Choir – Rehearsal

Quelques fois le public s’attend à entendre une vraie chorale, en chœur et mélodique, alors qu’en réalité ma chorale est totalement chaotique, il y a beaucoup de glitch, des larsens et de noise.
J’ai l’habitude de me produire en live avec un volume très fort, presque assourdissant, pour susciter au sein du public une réaction viscérale qui peut provoquer la peur ou encore l’angoisse.

J’utilise beaucoup de pédales d’effets et j’ajuste individuellement le volume des Furby, j’ai ajouté des interrupteurs et des potentiomètres sur chacun d’entre eux qui me permettent d’activer les différents « bends ».

Chaque jouet est unique et imprévisible, ce qui fait que chacune de mes prestations sont différentes, les sonorités varient d’un live à l’autre.

D’une certaine manière,  ce sont ces créatures électroniques « cassées » les artistes, je ne suis là que pour les accompagner sur scène et les brancher au système de diffusion de la salle.
Depuis peu, ma petite amie Franccesca s’est mise au circuit-bending et m’a rejoint sur scène pour des live quadriphonique.

C’est très gratifiant de transformer un objet mignon et innocent en quelque chose de bizarre et dérangeant…

J’ai pris le circuit d’un singe en peluche qui chantait la Macarena pour le mettre dans une poupée

Comment as-tu commencé le circuit bending ? Quel a été ton premier jouet ?

Au début, j’étais très intimidé par le circuit bending. Je n’ai aucune connaissance en électronique et je ne sais pas vraiment comment fonctionne un circuit.

Heureusement, le circuit-bending ne nécessite aucune connaissance dans ce domaine et est accessible à tout le monde.

Des amis m’ont aidé à modifier un jouet avec des boutons en forme de lettres qui jouaient des chansons, et plus tard j’ai pris le circuit d’un singe en peluche qui chantait la Macarena pour le mettre dans une poupée après avoir trouvé le « bend » pour ralentir la vitesse de la musique (pitch).
J’ai modifié toutes sortes de jouets, des guitares, des platines, un piano, un karaoke Barbie, et dernièrement une boite à rythme.

Chacune de ces machines ont des sonorités différentes et je suis constamment émerveillé par ce qu’on peut en faire.

Les Furby sont amusants, polyvalents, et interactifs dès leur sortie d’usine.

Le Furby est un jouet difficile à modifier, j’en ai tué personnellement quelques uns, pourquoi as-tu chois le Furby plutôt qu’un autre ?

En 2001, mon ami Jonathan Webb m’a montré un Furby bendé, ça été une révélation.
Les Furby sont amusants, polyvalents, et interactifs dès leur sortie d’usine.

Ils ont trois interrupteurs qui déclenchent différents sons (devant, derrière et dans la bouche), le comportement du jouet change grâce à un accéléromètre qui enregistre les secousses ou lorsqu’on lui met la tête en bas , une photorésistance perçoit les changements de luminosité, un micro lui  permet de répondre aux sons, ils ont même mis un système infrarouge pour faire communiquer les Furby entre eux.

Enfin, ils ont été produits en très grandes quantités, on les trouve donc très facilement dans les magasins d’occasion, les brocantes ou sur ebay pour pas cher.

Évitez les éléments du circuit qui sont connectés à l’alimentation

As-tu des conseils à nous donner pour modifier un Furby sans risquer de le griller ?

Évitez les éléments du circuit qui sont connectés à l’alimentation, ainsi que les connexions qui accélèrent la vitesse des moteurs ou qui coupent le son du Furby.

L’expérimentation pour parvenir à un résultat totalement aléatoire et imprévisible

Peux-tu nous dire ce qu’est le circuit bending, pour toi et pour les Américains ?

Pour moi, c’est un moyen de créer de nouveaux instruments sans dépenser beaucoup d’argent. C’est également une façon de créer des sons totalement imprévisibles.

Reed Ghazala, qui a inventé le terme « circuit bending » dans les années 90, a mis l’accent sur l’expérimentation pour parvenir à un résultat totalement aléatoire et imprévisible.
Son travail a été une inspiration pour moi, comme beaucoup de benders Américains.

La communauté s’agrandie de plus en plus à travers tout le pays.

J’aime bien citer GetLoFi et Casper Electronics références online pour les circuits benders.
Si vous êtes du côté de New-York il est impossible de manquer le Bent Festival qui a lieu tous les ans. L’année dernière il a eu lieu à Los Angeles et Mineapolis, mais cette année il était de retour à NYC.
Le circuit-bending est également présent à la Maker Faire et répond parfaitement à l’éthique du DIY/bidouilleur : Transformer les déchets de notre société de consommation en Art.

La version originale de l’interview est disponible après le saut

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