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Chronique : Exit Through the Gift Shop – Banksy

Le mystérieux film de Banksy est sorti en DVD (en Angleterre) le 6 septembre dernier. Amazon UK nous l’a envoyé avec grand plaisir, on vous propose donc notre première vraie chronique d’un film, et en prime un aperçu des bonus du DVD (ils sont très très bons et complètent bien le film).

Une sortie cinéma est prévue en France le 15 décembre prochain sous le nom : Faites le Mur ! ainsi qu’une avant-première au Festival de Deauville.

C’est donc l’histoire de Thierry Guetta, un français expatrié aux Etats-Unis, un homme tout ce qu’il y a de plus banal, qui tient des boutiques de friperie et qui a une passion dévorante, il filme son quotidien de manière compulsive caméra au point.
Sa vie change, le jour où lors d’une réunion de famille il découvre que son cousin est Space Invaders, le street-artist qui a réalisé l’invasion des grandes villes avec ses mosaïques représentant les ennemis du jeu Space Invaders.
Il commence à suivre son artiste de cousin, et progressivement rencontre André, Zevs, Shepard Fairey,…et finalement Banksy !
Il devient d’ailleurs très ami avec Banksy, au point de l’assister personnellement pendant pas mal de ses actions, notamment celle de Disneyland le 11 septembre 2006 (rappel des faits : BBC)

Il accumule des centaines d’heures de vidéo de sorties nocturnes sans trop savoir quoi en faire (le monsieur n’est pas très organisé, il stocke les cassettes anarchiquement)… et donne naissance à Life Remote Control en 2006, film d’une heure et demi, qui ressemble à un zapping frénétique sous cocaïne.


Le documentaire est en bonus de l’édition DVD. Une « lawyer’s cut » de 14 minutes.

Le documentaire ne plait pas à Banksy et il lui propose d’arrêter de filmer pour devenir Street Artist… L’intrigue du film, ou plutôt le documentaire, commence !
Notre héros Thierry Guetta devient la vraie vedette de ce film documentaire, nous ne reverrons quasiment plus les autres street artistes de tout le film, la star maintenant c’est MBW (Mister Brain Washer)…

Note : Plutôt que de vous raconter toute l’histoire on a préféré garder le mystère pour ne pas vous gâcher le spectacle. Cette chronique pourra donc malheureusement être pleinement comprise qu’après avoir vu Exit Through the Gift Shop.
N’hésitez pas à vous le procurer !

Ce documentaire est en fait construit comme un film, parfois on croirait même regarder une fiction tant certains éléments paraissent totalement irréel. Comme par exemple :

  • La passion, ou plutôt le TOC, de Thierry Guetta de filmer tout et n’importe et tout le temps, pour ensuite stocker ces heures de vidéo dans des boites en plastique sans jamais les regarder.
  • Le fait que Thierry Guetta soit le cousin de Space Invaders et qu’à une réunion de famille, le cousin en question se mette à préparer des mosaïques alors que jusque là il avait tenu ça secret
  • La rencontre avec Shepard Fairey.
  • Le final

Le reportage n’est pas un film sur Banksy, bien qu’il tienne d’une certaine manière le rôle du prophète qui ordonne à un disciple pas très doué de suivre la même voie que lui…

Tous ces éléments portent à croire qu’il s’agit en fait d’une sorte de coup monté. Banksy ne manque pas d’humour, il est plutôt futé et suffisamment riche (ses oeuvres se vendent très bien – 100 000 $ pour un pochoir monochrome) pour mettre au point un coup comme celui-ci.

Cela parait plausible, la narration s’arrête fin 2008, leur rencontre date de 2005-2006 et pas mal des faits viennent confirmer la présence du héros à ces moments-là et après tout 4 ou 5  années ne semblent pas excessives pour monter un tel projet, d’autant qu’il a maintenu voir intensifié ses activités artistiques durant cette période.

Banksy n’est pas un artiste très bavard, nous ne saurons donc jamais si ce qu’il nous a proposé dans ce film documentaire a été planifié par ses soins, ou s’il s’agit d’un accident « heureux ».
Banksy peut même être Mister Brain Wash… Tout est possible !

En tout cas, le film est une critique acerbe du marché de l’art, qui finalement, s’intéresse plus à la valeur monétaire de l’ oeuvre qu’à son pouvoir artistique. Et de ce point de vue, c’est totalement réussi.

C’est également un très bon divertissement car le « personnage » de Thierry Guetta est certes maladroit mais également terriblement malin et suffisamment insistant pour toujours parvenir à ses fins… C’est un personnage attachant, auquel on peut s’identifier. Cependant, n’est pas artiste qui veut, vous le verrez, les belles idées c’est bien, mais il faut avoir les moyens artistiques de les réaliser !

Banksy est un artiste engagé artistiquement, et politiquement, nous somme sincèrement convaincu qu’avec ce film Banksy vient de sortir sa meilleure oeuvre !

Nous sommes également convaincu que Banksy apparait à visage découvert à un moment ou un autre du film, les opportunités y sont nombreuses.

Contenu de l’édition DVD (Zone 2 – lisible par tous les lecteurs DVD achetés en Europe) :

    Le film (en VO – sans sous-titres)
    B Movie : Un documentaire de 13 minutes sur Banksy
    La version de 14 minutes de Life Remote Control de Thierry Guetta
    3 scènes coupées
    M.B.W @ Can Festival

    Les goodies
    3 planches format A5 de stickers
    Une carte postale (magnifique)
    Une paire de lunettes 2D inutilisable – Précautions d’emploi : For maximum viewing pleasure simply put on glasses, start DVD and look out the window / Pour un maximum de plaisir, il vous suffit de mettre les lunettes, allumer votre lecteur DVD et à aller regarder par la fenêtre.

Pour prolonger l’expérience, voici quelques références citées dans le film

La cabine téléphonique de Banksy : BBC
L’annonce de l’exposition de MBW de Shepard Fairey : Life is Beautiful

Le site de Bansky
Le site officiel du film

Oversteps, impressions

Lors de l’annonce par Warp du nouvel album de Sean et Rob alias Autechre, l’offre de pré-commande était très alléchante. Avec la copie physique et les fichiers en wav 16 bits, on a forcément un bon rendu.

Avec le mp3 320 kbps, on a également une bonne qualité sonore. Alors pourquoi proposer une version wav 24 bits ?

Crédit photo : Lev Oleksander

Dès le début, la réponse est donnée : c’est un album très généreux en fréquences.

Oversteps démarre tout en douceur, les harmoniques de « r ess » viennent caresser nos oreilles sans nous brusquer avec un fondu qui prend tout son temps, puis une rythmique un peu nerveuse et syncopée s’installe sans entacher la tranquillité.

Le ton de l’album est donné : L’atmosphère est grande, les harmoniques et les mélodies sont omniprésentes, résonnent, passent dans des réverbes qui nous noient dans un torrent de sons.

Les rythmiques, elles, seront parfois absentes ou discrètes comme dans « see on see » ou « krYlon » dont les notes abondantes comme la pluie révèlent un rythme à l’oreille attentive; Au contraire de « qplay » et ses percussions rugueuses créant un contraste avec les nappes qui se promènent de gauche à droite. On passe de la douceur à l’agressivité sans que le son ne nous énerve.

On a eu le droit de diffuser un titre, et le choix n’est pas évident. Dans le cas d’Autechre, gardez bien en tête que vous n’entendrez jamais deux fois la même chose, le meilleur point de vue est donc l’écoute en intégralité de l’album. Nous avons choisi « d-sho qub ». Mettez votre meilleur casque et appuyez sur Play. On vous laisse la surprise entière.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Cet album ne manquera pas faire penser à Amber, le 2e album du groupe.
A l’époque, il avait quelque peu dérouté les auditeurs : un virage ambiant alors qu’Incunabula (leur premier album) puisait ses bases dans la techno et l’electro. Mais avec le temps, de nombreux fans ont considéré Amber comme l’une des meilleures production d’Autechre, et attendaient avec impatience le retour à l’ambient unique du duo.

On avait pu en sentir les prémices avec certains titres de Quaristice et Quaristice.Quadrange.ep.ae (un maxi de deux heures prolongeant l’album). Voila qui est chose faite.

A chaque nouveau disque Booth et Brown savent nous surprendre, nous bousculer, décoller les étiquettes que l’on voudrait leur attribuer. Ils se renouvellent constamment, sans perte de créativité, en gardant une empreinte unique.

Ce nouveau disque est réussi et arrivera peut-être a réconcilier les déçus des derniers ouvrages. Autechre nous propose un nouveau disque plein d’émotions dans la continuité du précédent album. Les titres s’enchainent merveilleusement bien, l’ensemble est homogène et on se laisse faire avec plaisir durant 68 minutes. On l’adore et on le recommande chaudement en version 24 bits !

Mise à jour :

Autechre se produisait en Live à Paris @ La Machine du Moulin Rouge le 20 mars et à Nantes @ L’Olympic le 21 Mars. Nous y étions, Nous (Goum et KiK) allons donc vous proposer une chronique brève.

KiK :

J’ai été  totalement conquis par le « Quaristice Tour », j’attendais donc beaucoup de cette tournée pour Oversteps tant ils avaient mis la barre haut la dernière fois.
Samedi 20 mars, le rendez-vous est pris à la Machine du Moulin Rouge.
Leur live commence à 1h30, dès les premières notes, le ton est donné, les sons sont bruts, lourds et la basse est très présente. Le tempo augmente lentement, la musique devient de plus en plus déstructurée, les sons restent bruts, très industriels, pour devenir agressifs, et violents.
Cette fois Autechre a décidé jouer la carte de l’Industriel plus que de l’IDM.

On reconnait parfois quelques éléments sonores qui figurent de l’album mais ceux-ci passent plutôt inaperçu. J’ai adoré leur utilisation de l’Amen Break durant ce live, difficilement reconnaissable, torturé et dénaturé, ça reste une valeur sûre !

Au final, le bilan est plutôt mitigé. Musicalement moins abordable que leur précédente tournée, très, voir trop, agressif. Toutefois, leur musique vous secoue les tripes et malgré tout on se laisse quand même entrainer, avec un peu plus de réticence que pendant la tournée Quaristice, mais on ressort tout de même un peu envouté.

Goum :

Les premières parties ne m’ont pas emballé, à l’exception de Russel Haswell et son noise puissant (mention spéciale à la tête de l’ingé son devant sa console, un mélange entre la peur et l’étonnement). J’attendais donc Autechre avec impatience.

Vers 23h, le set démarre. Le concert est constitué de rythmiques puissantes, agressives, de mélodies très… très Autechre. Le son va vers le noise, le gabber. Les musiques s’enchainent souvent brutalement, Sean et Rob nous délivrent une nouvelle version féroce de LCC. Peu de titres sont reconnaissables, à vrai dire. C’est un live qui n’emballera pas tout le monde, moins progressif que les sets Quaristice et Untilted, moins délicat également (pour ne pas dire hard). A titre personnel, j’ai adoré, c’est terriblement efficace : énorme dynamique, des montées bien gérées; des rythmiques qui tabassent, des mélodies bien comme il faut.

A la fin on est content de pouvoir reposer nos oreilles, mais on en redemande. Autechre est définitivement une tête d’affiche de la scène electronique mondiale qui n’en fini pas de surprendre et déstabiliser ses auditeurs.