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12-13 Mars : Urk et 2080 en Live à Pompidou

Pour sa prochaine Studio Party du 12 au 13 mars de 14h à 18h, le Studio 13/16 du Centre Pompidou nous a donné Carte Blanche pour la programmation musicale.

On a choisi des musiciens qu’on adore mais qui, pour une fois, font de la musique influencée par les jeux vidéos avec des instruments « modernes », à coup de synthés (pas toujours hyper modernes) et de laptop, agrémentés de basses ou de flows ravageurs.

Vous pourrez assister aux concerts, ateliers, performances durant la journée GRATUITEMENT !!!

Au programme de la Studio Party qui aura lieu sur quasiment l’ensemble du niveau -1 :

GAMECULTURE SWITZERLAND

Avec Mobileskino, Büro Destrukt, Filip Kostovik, Guillaume Reymond
Avec la collaboration de « GameCulture », programme de la Fondation Suisse pour la culture Pro Helvetia

Le programme complet est sur l’event Facebook : http://www.facebook.com/event.php?eid=195949393759091

SAMEDI 12 Mars : URK (+ guest)

Ballistik Sound (Urk « 3 days » remix) by Urk BoomBleep

« Arrêtons de stigmatiser l’électro ! » braille Urk de derrière son ordinateur. Ici, point de House à paillettes, de hardcore kaki ou de trip-hop aérien, mais un live influencé par la musique électronique anglaise, servi avec une bonne cuillerée de sons louches. « La Gameboy n’est pas morte ! » – et sa sauce d’infrabasses omniprésentes histoire de rester les pieds sur terre. Boom, bleep !

DIMANCHE 13 Mars : 2080 (+ guest)

2080 – Heart Shaped Pixel by gourmetsrecordingz

Dernier poulain electro de l’écurie Gourmets Recordingz, 2080 développe avec son premier EP « Nerd To Geek » une touche personnelle et souriante. On le saisit dès la première écoute, 2080 dénote dans un univers électronique trop souvent formaté. Compositeur de la bande originale d’un jeu video imaginaire, le son de 2080, fin mélange de chiptune et de synthés vintage, emprunte à la pop culture pour créer un son à la fois pointu et fédérateur. Habitué des collaborations en tout genre (Leonard de Leonard, Shunda K de Yo! Majesty, Scalde, Lexicon, Mz Sunday Luv), il convie sur son EP dDash de dDamage et Les Gourmets. Artiste complet, authentique geek, 2080 vous invite à découvrir un son rétrofutur. Ainsi selon nos prévisions, après un petit passage à vide pendant les années 2090, il fera un retour fracassant en 2100, plus vintage que jamais !

On en profite pour vous mettre l’excellent clip Fatality feat les Gourmets


2080 feat. Les Gourmets – Fatality
envoyé par gourmetsrecordingz.

On se voit là-bas ?

Centre Pompidou
Studio 13/16 – Niveau -1
Place Georges Pompidou
75004 PARIS
Métro : Rambuteau – Châtelet ou Hôtel de Ville

LSDJ : Faire de la musique avec une Nintendo Gameboy

Suite à notre  premier atelier de composition de musique sur Gameboy du 5 février au Studio 13/16 du Centre Pompidou, nous avons décidé de déterrer un vieil article ambitieux jamais terminé, qui avait pour titre original « 1 mois avec LSDJ », et qui était censé décrire comment faire de la musique sur Nintendo Gameboy, avec l’excellent logiciel LSDJ, à travers des leçons sur 1 mois.

L’article s’enrichira au fur et à mesure des ateliers, et donnera certainement naissance à un site sous la forme d’une base de donnée, en collaboration avec les animateurs : Gakona, Spin Tronic, Eat Rabbit, Morusque, Confipop, … et ceux qui veulent apporter leur aide. N’hésitez pas à vous manifester dès à présent !

Sachant qu’il reste encore 3 ateliers au mois de mars (5-6 et 16 mars 2011) il n’est pas encore trop tard pour s’y mettre.

Nous avons laissé une Nintendo Gameboy rétro-éclairée au Studio 13/16 avec un mini-manuel de prise en main elle sera disponible tout au long de PLAY IT YOURSELF, jusqu’à fin mars. N’hésitez pas à y passer pour essayer !

D’abord, LSDJ c’est quoi ?

C’est un programme qui tourne sur Nintendo Game Boy (de la gameboy 1ère génération à la gameboy micro) qui a été mis au point en 2000 par Johan Kotlinski, qui est toujours développé et régulièrement mis à jour, la dernière version est la 4.0.6 du 28 janvier 2011.

Le logiciel fonctionne sous la forme d’un Tracker, c’est-à-dire qu’on séquence pas-à-pas chaque instrument dans des groupes (chacun d’entre eux peut durer de 1 à 16 mesures) de pistes qu’on organise dans le séquenceur.

Ça peut paraitre obscur voir rebutant au début, mais l’apprentissage est très rapide dès qu’on a compris le principe du logiciel et qu’on a bien assimilé les commandes de base.

Comment l’acquérir ?

LSDJ est ce qu’on appelle un programme Homebrew, qu’on peut résumer facilement par l’adage « Fait par des fans, pour les fans ».

Vous ne le trouverez malheureusement pas à la vente « prêt à l’emploi », il faut un peu bricoler. Mais, heureusement la communauté Game Boy est très active, et on arrive aujourd’hui à se procurer des cartouches Game Boy sur lesquelles on peut transférer des jeux (roms) directement en USB, le transfert se fait presque aussi facilement que de mettre de la musique sur son lecteur mp3.

Vous pouvez également opter pour l’émulation de Game Boy sur votre PC. Mais vous perdez surtout l’avantage de la portabilité.

Le site officiel de LSDJ propose quelques liens vers des boutiques en ligne pour s’en procurer.

Kitsch Bent propose des cartouches USB à 38 $, avec la conversion en Euros ça revient frais de port compris à 32 €.
Le marchand peut même vous précharger LSDJ à condition de lui envoyer une preuve que vous avez acheté la licence.

Pour acquérir LSDJ, il suffit d’aller acheter la rom sur le site LSDJ. Le prix du logiciel suit le principe de la donation, le minimum est fixé à 2 $.

Prise en main

Les commandes de base :

SELECT + Flèches directionnelles : Permet de naviguer d’un écran à l’autre
B + A : Effacer
A + A : Créer un nouveau “pattern”
A + Flèches gauche/droite : Changer une valeur

START : Bouton Lecture

Les Notes :

LSDJ adopte la notation Anglo-saxonnes au lieu du Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do
C : Do                                                G : Sol
D : Ré                                                A : La
E : Mi                                                 B : Si
F : Fa
Les # correspondent au dièse, le demi-ton au dessus de la note initiale
Les numéros après la lettre correspondent à la hauteur de la note. 3 étant très grave et 7 très aigus

Description des écrans

Source : Flip Flop

SONG

A chaque démarrage on arrive sur la section “Arrangement” (SONG) en d’autres termes c’est à cet endroit que le logiciel lira l’ensemble des données, des sons. Contrairement à un séquenceur classique, il le fera de haut en bas.

- PU1 Et PU2 sont des synthétiseurs

- WAV : est un outil multifonction. On peut lui faire jouer des samples (KIT) ou faire de la synthèse sonore (WAVE)

- NOI : est une piste de bruit (NOISE), qui peut jouer des bruits de toutes les couleurs ou des sons aigus assez courts.

CHAIN

Chaque CHAIN est capable de jouer 16 mesures, on peut l’appeler Cahier de partition

PHRASE : Partition

On écrit une mesure à la fois, à l’aide du bouton A pour écrire la note, et de B + flèches directionnelles pour changer la note.

Pour effacer une note on appuie simultanément sur B et A.
La colonne à droite de la note correspond au numéro de l’instrument.

INSTRUMENT
Cet écran permet de paramétrer les instruments que l’on souhaite utiliser. A savoir que les PULSE fonctionnent pleinement sur PU1 et PU2, les KIT sur WAV, les WAVE sur PU1, PU2 et WAV, et le NOISE sur le NOI.

TABLE : Fonction avancée
Permet d’ajouter des effets sur l’instrument, comme un vibrato, un changement de hauteur variable, etc… C’est une fonction avancée qui est réservé à des utilisateurs expérimentés

Première composition

Création d’une ligne de batterie :

Ecran SONG : Déplacer vous à l’aide des flèches directionnelles sur la colonne WAV
Appuyez une fois sur A pour créer une nouvelle CHAIN.

Faites SELECT + DROITE pour arriver sur l’écran CHAIN
Appuyez à nouveau sur A, puis SELECT + DROITE 2 fois
Vous arrivez sur l’écran INSTRUMENT, déplacez vous sur TYPE, appuyez sur A + DROITE 2 fois pour tomber sur l’option KIT,
Vous pouvez alors sélectionnez le KIT de batterie que vous voulez utiliser avec A + DROITE nous vous conseillons les TR-808 et TR909.

Une fois votre choix fait, revenez à l’écran PHRASE avec SELECT + GAUCHE

Vous pouvez commencer à écrire votre ligne de batterie.
Pour changer le son, utilisez A + flèches GAUCHE ou DROITE

Création d’une mélodie :

Revenez sur l’écran principal SONG
Placez le curseur sur PU1 ou PU2

Créez une nouvelle CHAIN en appuyant deux fois sur A
Allez sur l’écran CHAIN avec SELECT + DROITE
Créez un nouveau « pattern » en appuyant deux fois sur A à nouveau
Allez sur l’écran PHRASE avec SELECT + DROITE
Placez votre curseur sur la colonne INSTR appuyez deux fois sur A pour créer un nouvel instrument
Vous pouvez commencer à écrire votre mélodie, de la même manière que pour le KIT.

Pour monter ou descendre le son d’une octave, faites A + Flèches HAUT ou BAS

Edition de l’instrument (synthé – PULSE) :

ENVELOPE

Permet de modifier la durée de l’onde sonore, « decay ».
Par exemple : Un son en A1 sera très court et percussif, tandis que d’un son en A9 sera continu

WAVE

Change la forme d’onde,

LENGHT

Correspond à la durée de la note quand elle est jouée. L’onde sonore sera coupée au milieu du son

SWEEP

Ce réglage permet de changer la sonorité, vous trouverez certainement le son que vous cherchiez en fouillant.

Vous savez maintenant : naviguerdans LSDJ, créer de nouveau évènements, placer les notes, choisir un instrument, modifier l’instrument, réaliser un morceau composé d’une batterie et d’un piano

BRAVO !

Le manuel de LSDJ en Français traduit par le Marseillais Flip Flop : LSDJ 3.7.4 FR

What the future sounded like : La musique du futur, c’était comment avant ?

What the future sounded like est un documentaire Australien de 27 minutes, réalisé en 2008, qui aborde les débuts de la musique électronique en Grande-Bretagne entre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et les années 70 à travers la société EMS (Electronic Music Studios) créée par 3 pionniers de la musique électronique Peter Zinovieff et Tristram Cary (célèbres pour avoir fait la musique des premières saisons de Dr Who) et David Cockerell.
Leur synthétiseur sorti dans les années 60, le VCS3, a été utilisé par Pink Floyd, Brian Eno ou encore Roxy Music.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Pink Floyd – On the Run

Le reportage est passionnant, car on connait l’histoire de Robert Moog qui a crée son synthétiseur à la même époque, mais beaucoup moins voir pas du tout celle d’EMS, et l’on se rend compte qu’au final des titres qu’on croyaient composés avec le Moog ont été faits avec le VCS3 d’EMS, l’exemple le plus éloquent est celui de « The Dark Side of The Moon » de Pink Floyd.

On a entendu parlé de ce reportage sur le blog Cultcrusher, sans trop savoir si les vidéos Youtube postées dans leur article étaient « officielles » ou non.
Sur le site officiel What the future sounded like on apprend que les diffusions en festival ont cessées depuis 2008, et qu’à ce jour il n’y a pas eu de sortie dvd ou d’autres exploitations à caractère commerciales.

Nous nous permettons donc de poster ce documentaire, disponible en 3 parties sur Youtube, auprès de divers utilisateurs.

Si vous êtes un ayant-droit de ce documentaire, contactez-nous via la page contact du blog, nous retirerons les vidéos immédiatement.

Oversteps, impressions

Lors de l’annonce par Warp du nouvel album de Sean et Rob alias Autechre, l’offre de pré-commande était très alléchante. Avec la copie physique et les fichiers en wav 16 bits, on a forcément un bon rendu.

Avec le mp3 320 kbps, on a également une bonne qualité sonore. Alors pourquoi proposer une version wav 24 bits ?

Crédit photo : Lev Oleksander

Dès le début, la réponse est donnée : c’est un album très généreux en fréquences.

Oversteps démarre tout en douceur, les harmoniques de « r ess » viennent caresser nos oreilles sans nous brusquer avec un fondu qui prend tout son temps, puis une rythmique un peu nerveuse et syncopée s’installe sans entacher la tranquillité.

Le ton de l’album est donné : L’atmosphère est grande, les harmoniques et les mélodies sont omniprésentes, résonnent, passent dans des réverbes qui nous noient dans un torrent de sons.

Les rythmiques, elles, seront parfois absentes ou discrètes comme dans « see on see » ou « krYlon » dont les notes abondantes comme la pluie révèlent un rythme à l’oreille attentive; Au contraire de « qplay » et ses percussions rugueuses créant un contraste avec les nappes qui se promènent de gauche à droite. On passe de la douceur à l’agressivité sans que le son ne nous énerve.

On a eu le droit de diffuser un titre, et le choix n’est pas évident. Dans le cas d’Autechre, gardez bien en tête que vous n’entendrez jamais deux fois la même chose, le meilleur point de vue est donc l’écoute en intégralité de l’album. Nous avons choisi « d-sho qub ». Mettez votre meilleur casque et appuyez sur Play. On vous laisse la surprise entière.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Cet album ne manquera pas faire penser à Amber, le 2e album du groupe.
A l’époque, il avait quelque peu dérouté les auditeurs : un virage ambiant alors qu’Incunabula (leur premier album) puisait ses bases dans la techno et l’electro. Mais avec le temps, de nombreux fans ont considéré Amber comme l’une des meilleures production d’Autechre, et attendaient avec impatience le retour à l’ambient unique du duo.

On avait pu en sentir les prémices avec certains titres de Quaristice et Quaristice.Quadrange.ep.ae (un maxi de deux heures prolongeant l’album). Voila qui est chose faite.

A chaque nouveau disque Booth et Brown savent nous surprendre, nous bousculer, décoller les étiquettes que l’on voudrait leur attribuer. Ils se renouvellent constamment, sans perte de créativité, en gardant une empreinte unique.

Ce nouveau disque est réussi et arrivera peut-être a réconcilier les déçus des derniers ouvrages. Autechre nous propose un nouveau disque plein d’émotions dans la continuité du précédent album. Les titres s’enchainent merveilleusement bien, l’ensemble est homogène et on se laisse faire avec plaisir durant 68 minutes. On l’adore et on le recommande chaudement en version 24 bits !

Mise à jour :

Autechre se produisait en Live à Paris @ La Machine du Moulin Rouge le 20 mars et à Nantes @ L’Olympic le 21 Mars. Nous y étions, Nous (Goum et KiK) allons donc vous proposer une chronique brève.

KiK :

J’ai été  totalement conquis par le « Quaristice Tour », j’attendais donc beaucoup de cette tournée pour Oversteps tant ils avaient mis la barre haut la dernière fois.
Samedi 20 mars, le rendez-vous est pris à la Machine du Moulin Rouge.
Leur live commence à 1h30, dès les premières notes, le ton est donné, les sons sont bruts, lourds et la basse est très présente. Le tempo augmente lentement, la musique devient de plus en plus déstructurée, les sons restent bruts, très industriels, pour devenir agressifs, et violents.
Cette fois Autechre a décidé jouer la carte de l’Industriel plus que de l’IDM.

On reconnait parfois quelques éléments sonores qui figurent de l’album mais ceux-ci passent plutôt inaperçu. J’ai adoré leur utilisation de l’Amen Break durant ce live, difficilement reconnaissable, torturé et dénaturé, ça reste une valeur sûre !

Au final, le bilan est plutôt mitigé. Musicalement moins abordable que leur précédente tournée, très, voir trop, agressif. Toutefois, leur musique vous secoue les tripes et malgré tout on se laisse quand même entrainer, avec un peu plus de réticence que pendant la tournée Quaristice, mais on ressort tout de même un peu envouté.

Goum :

Les premières parties ne m’ont pas emballé, à l’exception de Russel Haswell et son noise puissant (mention spéciale à la tête de l’ingé son devant sa console, un mélange entre la peur et l’étonnement). J’attendais donc Autechre avec impatience.

Vers 23h, le set démarre. Le concert est constitué de rythmiques puissantes, agressives, de mélodies très… très Autechre. Le son va vers le noise, le gabber. Les musiques s’enchainent souvent brutalement, Sean et Rob nous délivrent une nouvelle version féroce de LCC. Peu de titres sont reconnaissables, à vrai dire. C’est un live qui n’emballera pas tout le monde, moins progressif que les sets Quaristice et Untilted, moins délicat également (pour ne pas dire hard). A titre personnel, j’ai adoré, c’est terriblement efficace : énorme dynamique, des montées bien gérées; des rythmiques qui tabassent, des mélodies bien comme il faut.

A la fin on est content de pouvoir reposer nos oreilles, mais on en redemande. Autechre est définitivement une tête d’affiche de la scène electronique mondiale qui n’en fini pas de surprendre et déstabiliser ses auditeurs.

[Interview ] Le lapin et la cigarette

Nous avons découvert cet artiste il y a quelques semaines, et nous avons eu un coup de cœur immédiat. Il s’appelle Smoking Bunny soit littéralement « lapin qui fume ». Artiste au style décalé qui ne se préoccupe pas des tendances, il multiplie les pseudonymes, chacun correspondant à un etat d’esprit musical, qui regroupe tantôt quelques dizaines de titres, tantôt quelques centaines. C’est également un garçon fort sympathique qui nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Smoking Bunny – L R Downslide

Je ne savais pas qui était « La Roux », ni à quoi ressemblait sa musique il y a encore quelques jours.

Quand as-tu commencé à t’intéresser à la musique ? Est-ce que quelque chose t’a marqué et quelles sont tes influences ?

L’origine de cet intérêt est assez floue, c’est comme dire « quelle est la longueur d’une corde », c’est trop difficile d’y répondre. La plupart du temps j’ai l’impression d’être né avec un casque sur les oreilles. Quand j’étais gosse, j’écoutais Martin Gaye, Stevie Wonder, Aretha Franklin et plein d’autres artistes soul, ainsi que des artistes de rythm and blues. Ça, c’était juste du côté de ma mère. C’est principalement mon père qui m’a fait m’intéresser à la musique. Je me souviens que j’écoutais de « tout ». Les gens peuvent penser que c’étaient juste les trucs populaires comme Led Zappelin, Hendrix et d’autres. Mais c’était surtout des gens comme King Crimson, Captain Beefheart, Frank Zappa et beaucoup d’autres groupes « opprimés ». Mais on écoutait aussi les artistes plus populaires et « acceptés ».
La principale musique qui m’ait frappé, ou plutôt un artiste, c’est Frank Zappa. Toute sa musique, que ce soit cd, vinyle ou cassette te frappe, même si c’est un mauvais album comme Mothers of Prevention. Le fait que ce type bouleversait la musique était juste incroyable. Ajouté au fait qu’il faisait qu’il faisait du rock, du blues et utilisait des méthodes classiques était tout simplement d’une extrême fraicheur et une meilleure manière de créer de la musique et du son.
Et en tant que fan de Zappa, j’ai immédiatement aimé Captain Beefheart, La poésie et la musique liées ensemble, avec une voix qui pouvait raconter des histoires comme personne à l’époque. Pure extasie.

J’ai vraiment été porté par l’influence de Zappa et Beeftheart. J’aurais adoré faire la même chose, mais je n’ai pas réussi. L’influence est plutôt dans la manière de créer, peu importe le résultat que ça peu donner.
Les autres influences sont vastes, elles vont jusqu’à l’opposé de ce dont j’ai parlé.
Honnêtement, c’est difficile de dire si il y a eu une influence en particulier. Parce que je pioche dans différentes influences et différents sons. Un jour ça peut être le miaulement d’un chat qui peut m’influencer pour un morceau, ou le son du vinyle qui démarre.

Plus d’une fois, la musique que j’ai en tête n’est plus la même à la fin. La raison c’est qu’en prenant du recul sur un morceau, mon point de vue change et je le travaille différemment, puis mon point de vue change à nouveau et je fais encore autre chose. Au final, ça n’a plus rien à voir.
Je ne suis pas fan de « Pop », ou ce mauvais stratagème pour faire sortir quelqu’un du lot très vite. Je ne savais pas qui était « La Roux », ni à quoi ressemblait sa musique il y a encore quelques jours. Et c’est le cas pour beaucoup de nouveaux artistes actuels. Ils ne m’intéressent pas. Ils sont peut-être bons, mais c’est probablement parce que les autres le disent. Mes goûts musicaux sont complètement différents des gens que je connais. Je ne dis pas que je m’intéresse pas à cette nouvelle musique, parce que ce serait stupide, comment pourrais-je découvrir quelque chose de nouveau. Tu me trouvera la plupart du temps dans des magasins de disques (cds ou vinyles), passant des heures à chercher de la musique qui pourrait m’intéresser et l’ajouter à ma discothèque qui n’en finit pas de s’agrandir. Je n’achète pas d’albums en mp3, c’est plus agréable de posséder quelque chose que tu peux sentir, et en plus ça fait joli sur les étagères.

Je n’aimais pas trop le « rabbit » alors je l’ai remplacé pour « bunny »

A propos de « Smoking Bunny », d’où vient ce nom ? Est-ce que c’est le seul que tu utiles ?

Smoking Bunny, ça remonte au collège. Quand j’étudiais la théorie musicale et la pratique, je créais « beaucoup » de musiques. Très liées à l’influence de Zappa, dans l’idée de créer toutes sortes de musiques.
A un moment, je n’aimais pas trop le fait de mettre mon nom sur mon travail, ça me semblait stupide. Mais ce n’était pas comme si je vendais ma musique, à vrai dire c’était la dernière chose qui me venait à l’esprit. Je voulais trafiquer les liaisons midi d’une façon extrême, ou mettre en place les micros d’une manière si étrange pour créer des sons que je n’avais jamais entendu auparavant.
Et un jour c’est venu comme ça. J’ai imaginé un « smoking rabbit » (un lapin en train de fumer, ndr) et ça m’a fait rire. Je n’aimais pas trop le « rabbit » alors je l’ai remplacé pour « bunny ».
C’était assez amusant parce que même après avoir dit que je fais de la musique en tant que Smoking Bunny, et même avec la société de production que j’ai créé, la plupart des gens continuent de penser que c’est un empire du « divertissement pour adulte », hahaha.

J’ai commencé à créer d’autres alias quand j’ai commencé à faire des musiques qui s’éloignaient de ce que je faisais en tant que Smoking Bunny. Calm Little Hip était plus tourné vers la musique électronique, aux environs de 300 bpm. Nocebo est basé sur les cauchemars. LgE, les musiques sont basées sur un son unique (et ça fait partie de mes périodes les plus créatives). Et il y en a beaucoup d’autres. Mais certains de ces pseudonymes n’ont pas dépassé la vingtaine de titres.
Les périodes Smoking Bunny et Calm Little Hip sont allées jusqu’à 300-400 titres. En un peu plus de 2 ans. C’était insensé et stupéfiant à la fois.

J’adorais l’idée de patcher ensemble du matos analogique, ça rend les choses plus amusantes.

Quel matériel as-tu utilisé jusqu’à présent ? Est-ce que tu as des favoris ?

Je suis batteur depuis l’âge de 6 ans, alors je me suis retrouvé très vite à jouer dans des groupes. Je pense que j’étais le seul batteur du village où je vivais, tout le monde voulait être leader, que ce soit en tant que guitariste ou en tant que chanteur. Et vu que je n’avais pas une très bonne oreille musicale étant enfant, les percussions c’était mieux que d’essayer de jouer de la guitare acoustique, et puis ça me donnait une excuse pour faire du bruit.

Quand j’étais au collège, j’utilisais les installations disponibles, essentiellement de l’analogique mis à part l’ordinateur, un i-Mac avec Logic 6 puis 7, Reason 2 puis l’upgrade 2.5.
Il y avait une Mackie dans un studio et une Behringer dans un autre, avec des racks externes : des réverbs, des compresseurs et des DAT, ainsi qu’un patch bay. J’adorais l’idée de patcher ensemble du matos analogique, ça rend les choses plus amusantes.

J’ai aussi acheté mon premier mac d’occasion, un vieil e-Mac pour 200 livres. Il faisait tourner Logic 7 et Reason 2.5, le seul problème c’était le manque de mémoire vive (256 mb) pour faire tourner plusieurs modules ou plusieurs pistes. Alors je devais créer la musque en bounçant un son avec ses effets puis l’importer en tant que fichier wav. C’était un peu agaçant, mais je m’y suis fait et m’en suis servi pendant plusieurs années, incluant toutes les musiques de Calm Little Hip.

J’ai beaucoup de matos en midi, le hardware était toujours un peu plus cher quand j’étais au collège.
Mais j’ai économisé et fini par m’acheter une guitare électrique et j’ai appris à jouer moi-même. Je ne sais pas faire la musique de « groupe », je fais ma musique.

J’ai acheté et revendu pas mal de matos différents, essentiellement midi, car c’est moins cher que de l’analo.
Il y a seulement un an je me suis acheté la Machinedrum SPS1-UW d’Elektron, celle qui inclut le sampling. C’est tout simplement hallucinant. Tu as 6 sorties séparées, 2 entrées audio, du midi et des effets embarqués. Je me suis rapidement plongé dedans et j’ai créé d’étranges rythmes et tonalités. J’ai même conçu un logiciel spécialement pour cette machine (Hantera, NDR).

Les patchs Max que je crée sont juste des outils que j’utilise dans ma musique

Tu proposes aussi des fichiers comme des applications pour le Monome de Brian Crabtree, et des patchs Max/MSP. Quel est ton but quand tu conçois ces programmes ?

Max/MSP, le tueur de temps et agrandisseur d’esprit, hahaha.
J’aime ce logiciel. Je m’y suis intéressé quand je travaillais à Dubaï en tant qu’ingénieur du son pour des pubs télé et radio. Je bossais sur tout ce qu’ils faisaient, monter les pubs, enregistrer et gérer les sessions etc. Mais pour une raison que j’ignore, ils ne me donnaient pas beaucoup de travail, bien que j’en aie demandé pendant 6 ou 7 mois. Ils continuaient de me payer. Ce temps libre m’a donné l’opportunité d’apprendre à utiliser Max/MSP. Je connaissais ce logiciel depuis des années, je savais qui l’utilisait, j’ai même utilisé des plug-ins créés avec. Les vieux, avec le logo max original.

J’ai d’abord eu Reaktor 4, et ensuite j’ai pris la version 5. C’était génial, mais ça bouffe le processeur, ce qui finissait par me stopper dans mon élan, j’étais plutôt ennuyé de ne pas pouvoir aller plus loin. Mais c’était super de pouvoir « construire » mes propres outils musicaux, c’est ce que j ai toujours voulu, ça m’a évité de dépenser une fortune en hardware.
J’ai pu apprendre max parce que le studio de Dubaï l’avait acheté avec Jitter. A ce moment Max 4 était en fin de vie, et j’ai eu l’update gratuite pour max 5, j’étais ébloui par le travail accompli.

Les patchs max que je crée sont juste des outils que j’utilise dans ma musique. Ça peut démarrer comme un outil normal, et dériver sur une suite logicielle complète, ce qui n’est pas toujours une bonne idée, parce que ça te bouffe tous tes neurones pour le créer. C’est le cas pour Hantera, c’était un simple outil, j’y ai intégré de nouvelles idées, ce qui est bien et mauvais à la fois. Parce que ça prend du temps sur la création musicale. J’aime construire ces outils ou ces suites, parce qu’elles peuvent et sont utilisées par d’autres personnes à travers le monde, et les gens semblent les trouver utiles, parce que ça apporte quelque chose en plus dans la musique de quelqu’un, y compris la mienne…

Version originale de l’interview après le saut / Click to see English version of the interview

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